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Bienvenue 

C'est avec une immense joie que j'entame ce projet et cette nouvelle aventure. 

Cela fait plusieurs années que j'écris des textes dans mon coin. Suite au décès de ma mère c'est naturellement que m'est venue l'idée de faire une sorte de journal du deuil. Ce blog en est la concrétisation. 

Ici je vais publier des textes sur diverses thématiques, notamment les émotions que l'on traverse durant le deuil. Les textes seront datés afin qu'il soit possible de se rendre compte de l'évolution psychologique, et de réécrire dessus. Mais il ne sera pas question que de deuil, il sera question de la vie.

Voulant laisser la chance à ce projet de me surprendre, de nous surprendre, je pense partager avec vous mes idées, parfois farfelues, et certains textes entièrement de fiction. Voyons ensemble où cela nous mène, si vous le voulez bien. 

Je vous remercie d'avoir pris le temps de me lire. 

N'hésitez pas à vous abonner à la newsletter pour ne manquer la sortie d'aucun texte. 

A très vite..... 

Amicalement

Thémis 

Notre histoire

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1er janvier 2024. Nouvelle année et nouvelle vie. La nouvelle année est souvent l’occasion de se projeter dans l’avenir en prenant de bonnes résolutions. J’ai toujours été de nature optimiste mais ces derniers temps c’est plus compliqué, et l’année 2023 a été assez éprouvante. 1er décembre 2023. Ma vie a basculé ce jour-là. Ce mois de décembre aura été l’apothéose d’une année compliquée. Etrangement c’est dans l’adversité que notre évolution est la plus significative. Et, si je suis sûre d’une chose, même si pour l’instant c’est un espoir pour tenir plus qu’une certitude inébranlable, je sortirais encore plus forte de cette nouvelle épreuve. Ce jour-là ma mère est décédée. Ce fut le cataclysme.Si rapidement l’envie et le besoin d’écrire, pour essayer de traverser cela le mieux possible et d’y trouver un sens, je n’arrivais pas à trouver la « bonne forme », le bon format pour cet ouvrage. Initialement j’avais écrit une sorte de journal intime adressé à ma mère. Je voulais lui raconter tout ce que je vivais. Mais avec la multitude de choses à faire je n’arrivais pas à prendre le temps d’écrire de manière quotidienne. Et au fur et à mesure que le temps passe, les souvenirs s'estompent. Le brouillard de cette période commençait à se répandre sur des événements qui, je pensais, seraient forgés à blanc dans ma mémoire. Ce qui donnait un résultat brouillon, ce que je ne voulais pas. Puis, avec ce format d'écriture quotidienne, ce qui devait être un échappatoire, une parenthèse de plaisir, devenait une obligation supplémentaire, source de culpabilité lorsque je voyais que je n’arrivais pas à écrire, faute de temps, et que mes souvenirs précis s'effacent plus vite que prévus. Or toutes les personnes qui vivent un deuil savent qu’on ressent déjà assez de culpabilité pour des tas de raisons ; inutile de m’en rajouter une. Je ne sais pas encore précisément la forme que prendra cet écrit. Je vais simplement écrire lorsque j’en aurais envie, lorsque j’en aurais besoin, et quand j’aurais le temps. Le deuil, comme toutes les expériences humaines, est atypique. Chaque humain, au cours de sa vie, va connaître la perte d’au moins un être cher, c’est quelque chose que nous connaissons tous. Et pourtant, c’est quelque chose d’extrêmement personnel. C’est une réalité à laquelle chaque individu va être confronté mais chacun la vit différemment. Dans cette réalité universelle la particularité de chaque individu s’exprime. Ainsi, il sera question du deuil, de la perte, mais pas seulement, je pense, parce que la vie n’est pas faite que de ça malgré tout. Mais surtout cela ne sera pas une théorisation du processus du deuil. D’une part ce n’est pas mon objectif, et d’autre part je n’ai aucune prétention en la matière. Il n’y a pas LA vérité mais juste ma vérité : ce que je ressens, ce que je vis, ce que je traverse de hauts et de bas, de joies et de tristesses, de certitudes et de doutes. Tous ces paradoxes qui font la vie et qui acquièrent une force inégalée lorsque nous traversons une épreuve. Si mes mots peuvent aider d’autres personnes alors tant mieux, mais honnêtement, pour l’instant ils ont essentiellement vocation à m’aider moi. Bonne lecture à vous, et que l’aventure commence…

Les origines

Pages écrites les 11 et 16 janvier 2024.

Tant de choses se mélangent en moi, que ce soit mes pensées ou mes émotions. Je suis perdue, c’est la seule certitude que j’ai. Lorsque je pense avoir réussi à prendre une décision, une résolution, une direction, tout s’effrite faute de sens. A quoi ça sert ? Tout semble sans intérêt. Je n’arrive à tenir aucune résolution réelle plus de quelques minutes. Je vais à la douche, et cela me semble être un exploit à part entière. Faire couler un café est une contrainte autant qu’un plaisir car il va falloir le boire. Tout semble être source d’un effort insurmontable. J’ai déjà ressenti cela il y a quelques mois. Mais, à ce moment-là, tu étais là Maman. Je pouvais t’appeler pour t’en parler, essayer de comprendre ce que je traversais, avec toi, qui était passée par là. Mais, aujourd’hui, tu es la cause de cette traversée du désert. Je ne peux pas t’appeler pour te demander des conseils pour vivre cela, tu n’es plus là. Et je ne peux même pas t’en vouloir de ne plus être là, tu ne l’as pas choisi.

 

Et quel conseil pourrais-tu me donner d’ailleurs ? Tu n’étais pas proche de ta mère, comme au final nous l’étions. C’est maintenant que je m’aperçois que nous étions bien plus proches que ce que je pensais. Et puis tu es partie avant ta mère, alors tu ne connaîtras jamais cette douleur qui me déchire le cœur de t’avoir perdue. Maman, tu m’as laissée. Seule, sans toi et sans repère. Tu devais être à mes côtés pour toute ma vie. Je sais que c’est faux. Qu’un jour tu aurais dû partir, car ainsi va la vie mais tu n’étais pas censée partir si tôt. Je ne suis pas prête pour vivre sans toi, vivre si loin de toi, dans cette réalité où je ne peux te joindre. Cette réalité est irréelle, inconcevable et impensable. Cette douleur qui m’enserre la poitrine, je suis fatiguée de la ressentir à nouveau. Cette tristesse qui teinte chacune de mes pensées, qui noie mon cœur sans pourtant me faire entièrement couler. Je n’arrive pas à flotter dans l’océan de cette perte. Tu étais mon phare dans la nuit et pour l’instant ta lumière n’arrive pas encore à me guider.

Chaque relation est unique, et la relation mère-fille n’y déroge pas. Avec ta perte je prends conscience de la particularité de la nôtre. Je suis certaine que certains s’y retrouveront mais cela n’enlève rien à sa particularité. Elle était comme nous, paradoxale. Une fois, l’année dernière, durant mon processus de reconstruction suite au burn-out, tu m’as dit que je t’aimais trop. J’ai eu beaucoup de mal avec cette phrase. Comment je pouvais trop t’aimer, toi, ma maman ? Avant même que je naisse tu m’as aimée. Il suffisait de voir l’émotion que tu dégageais lorsque tu parlais des chansons que vous me jouiez avec Papa quand tu étais enceinte. Puis quand je suis née tu as toujours été là. Tu as été là pour me soutenir, me protéger, me faire grandir. C’est toi qui m’a amenée partout, qui t’es occupée de moi lorsque j’étais malade. C’est toi qui t'es réveillée, la nuit, lorsque j’étais bébé. C’est toi qui m’a aidée à devenir une bonne élève, à faire preuve de patience lorsque je ne voulais pas arrêter de travailler parce que ce n’était pas assez bien.

Puis tu as été mon modèle. Parfois je t’imitais pour jouer à la maman. De toi j’ai gagné mon côté organisé, mon indépendance, qui parfois te faisait un peu mal au cœur, mais tu voulais que je sache me débrouiller sans toi. J’ai gagné mon entêtement. Mais, il faut le dire, je me suis aussi beaucoup construite en opposition à toi. Tout ce que tu n’aimais pas chez toi, ou que je n’aimais pas, parce que je ne le comprenais pas, j’ai pris le contrepied. Tu n’avais pas confiance en toi, et tu avais peur de prendre des risques notamment professionnels. Alors j’ai acquis une confiance en moi, professionnelle, et je vise toujours plus. Tu m’appelais d’ailleurs “Madame toujours plus”. Tu avais tendance à être triste, souvent, à râler que personne ne t’aidait, ne te comprenait, ne te parlait, sans toutefois te mettre réellement en mouvement, à agir. Alors, je me suis forcée à être heureuse, d’être un rayon de soleil, ton rayon de soleil. J’ai essayé de te parler, d’être là avec toi, pour faire tout et n’importe quoi. Mais surtout à ne pas rester immobile. Cet immobilisme dont tu pouvais faire preuve je crois que cela restera pour toujours notre plus grande différence et discordance. Je ne comprenais pas, et je ne comprends toujours pas, en réalité, pourquoi rester dans une situation qui te faisait souffrir. Pour moi, il faut analyser ce qui ne va pas, voir comment l’améliorer, changer cette situation et puis agir. Nous ne sommes pas des arbres, nous pouvons bouger. Je t’ai dit plusieurs fois cette phrase et je sais qu’elle te faisait sourire. Tu m’as dit une fois, que toi, au contraire, tu voulais qu’on te laisse tranquille dans ton coin de canapé et que tout cela s’arrête. Et d’une certaine manière tu as été exaucée. Ça s'est arrêté durant une nuit, celle du 30 novembre 2023 au 1er décembre 2023. En soi, je pense que tu as eu la mort que nous souhaitons tous, en dormant paisiblement. Mais moi je ne veux pas que tu sois morte, je veux que tu reviennes ! Pour parler encore avec toi, pour rire encore avec toi, même pour me disputer encore avec toi, mais tout cela sera avec toi!!

Si l’idée d’un journal du deuil m'est venue assez rapidement, l’écriture étant pour moi un exécutoire thérapeutique inégalé, je n’arrivais pas à écrire quelque chose qui me plaise, qui ait du sens, qui soit vrai et joli en même temps. Écrire réellement tous les jours, comme je pensais le faire au début, était relativement contraignant. Or je ne veux pas que l’écriture devienne une contrainte. Et même si j’écrivais après, en mode journal, je me suis aperçue que les souvenirs se mélangeaient. Je ne savais plus quand j’avais fait ou dit, à qui et dans quel sens. Le rendu final était assez brouillon et ne me plaisait pas. Te raconter chaque minute de ma vie depuis que tu es partie n’avait en réalité qu'un intérêt limité. En tant que narratrice j’adore me perdre dans les détails mais pas en tant que lectrice, donc il me fallait trouver un juste milieu. Lorsque j’ai parlé à mes amis en leur disant que, l’une des choses qui était le plus dur, c’était de ne plus pouvoir t’appeler pour te parler, certains m’ont dit de t’écrire, de te parler comme si tu étais là. Cette idée a fait son chemin. Te parler, réellement comme si tu étais encore là, partout avec moi, peut-être pas. Parce que j’aurais l’air un peu folle si je disais à haute voix, seule, ce que je pouvais te dire et les appels insignifiants que je pouvais te passer du style : « Alors, aujourd’hui au marché, le monsieur il m’a offert un kiwi et des bananes », ou encore « je suis contente, j’ai réussi à reprendre les révisions et l’écriture ». En soi je pourrais très bien le faire, seule chez moi. Personne n’en saurait rien, et toi, où que tu sois, tu m’entendrais, en plus de me voir. Mais je pense que l’écrit me correspond plus. Alors je vais t’écrire une sorte de grande lettre. Je vais t’écrire un livre maman. Maman, ton boudoudou, va t’écrire un livre, rien que pour toi, comme quand tu lui créais des histoires et des chansons, le soir, pour l’endormir, même si malheureusement elle ne s’en souvient plus. Je ne me souviens plus des mots, mais je me souviens de ton amour, et cela pour toujours. Cela sera lui ma lumière.

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